Dyson CameraJet : la brosse à dents avec caméra intégrée, gadget génial ou coup marketing à 479€ ?

Dyson CameraJet, brosse à dents avec caméra intégrée
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Après les aspirateurs, les sèche-cheveux et les purificateurs d’air, Dyson attaque un nouveau territoire : votre bouche. La marque britannique a présenté ce 1er septembre à Paris la CameraJet, sa toute première brosse à dents et la seule du marché équipée d’une caméra embarquée. Sur le papier, l’appareil promet ni plus ni moins que de remplacer le fil dentaire. Dans les faits, on a surtout envie de se demander si Dyson n’est pas en train de refaire le coup du sèche-cheveux à 500€.

Ce que la CameraJet fait concrètement

Le cœur du produit, c’est une micro-caméra de 100 000 pixels logée juste sous la tête de brosse. Elle filme l’intérieur de la bouche à 28 images par seconde, et un algorithme maison entraîné sur 470 000 images dentaires, développé avec l’Université nationale de Singapour, repère les espaces interdentaires en moins de 100 millisecondes. Dès qu’un espace est détecté, l’appareil y projette automatiquement un jet conique de bain de bouche, censé déloger la plaque sans les inconvénients d’un hydropulseur classique (jet plus doux, surface de couverture plus large).

L’application MyDyson affiche le flux vidéo en direct. Vous voyez littéralement l’intérieur de votre bouche sur votre téléphone pendant que vous vous brossez les dents et génère un bilan par brossage avec les zones négligées. Dyson précise qu’aucune image n’est enregistrée, ce qui répondra au moins à la première question que tout le monde se pose en lisant « caméra dans la bouche connectée en Wi-Fi ».

Côté écosystème, rien n’est laissé au hasard : un dentifrice non moussant (obligatoire pour que la caméra voie quelque chose), un bain de bouche en deux parfums, une station d’accueil 3-en-1 qui charge l’appareil et remplit le réservoir, et des têtes de brosse équipées d’une puce RFID qui compte les cycles d’utilisation.

Le tout est vendu 479€ en France, disponible en deux coloris (bleu céramique et rose céramique).

Le vrai sujet : est-ce que ça vaut le coup ?

Techniquement, l’idée n’est pas absurde. Le sous-brossage des espaces interdentaires est un vrai problème dentaire, et personne n’utilise vraiment le fil dentaire correctement tous les jours. Automatiser ce geste avec un capteur qui vise là où ça compte, plutôt que de compter sur la discipline de l’utilisateur, part d’un bon constat.

Mais à 479€, il y a trois questions qu’on se pose systématiquement avant de recommander un appareil Dyson dans cette gamme de prix :

La puce RFID sur les têtes de brosse. C’est le même principe que sur certains aspirateurs Dyson : un composant qui verrouille l’usage aux consommables de la marque. Reste à voir le prix des recharges et si des têtes compatibles moins chères apparaîtront, historiquement, chez Dyson, la réponse est plutôt non.

La dépendance à l’écosystème. Dentifrice spécifique non moussant, bain de bouche dédié, réservoir à remplir régulièrement : c’est un système fermé, pas juste une brosse à dents. Ça peut se justifier techniquement (la caméra a besoin d’y voir clair), mais ça ajoute un coût récurrent qu’il faut avoir en tête avant d’acheter.

La fiabilité dans la durée. Batterie lithium-ion remplaçable, bon point, ce n’est pas toujours le cas sur ce type d’appareil connecté et c’est suffisamment rare pour être signalé. Reste l’inconnue habituelle avec les premiers produits Dyson sur un nouveau segment : la marque a une vraie expertise moteur et une SAV correcte, mais un capteur optique embarqué dans un environnement humide, chauffé et manipulé deux fois par jour est un composant électronique fragile de plus à surveiller sur la durée.

Notre avis à chaud

C’est un produit techniquement impressionnant. Le niveau d’ingénierie (stroboscope à 257 Hz pour synchroniser l’éclairage caméra, réservoir anti-gravité, ~1000 mouvements par seconde) est cohérent avec ce que Dyson sait faire. Mais comme souvent avec la marque quand elle ouvre un nouveau segment, le prix positionne clairement l’appareil comme un produit de démonstration technologique plutôt qu’un achat grand public rationnel. Une brosse à dents électrique classique avec hydropulseur fait très bien le travail pour un dixième du prix ; ici, on paie surtout pour la caméra et l’app.

On mettra à jour cet article avec des retours d’usage dès que possible et on gardera un œil sur le prix des têtes de rechange, qui sera le vrai indicateur du coût réel à l’usage.

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